Les preuves à remettre pour attester d’une remise en salubrité suffisante sont un dossier technique et administratif démontrant, point par point, la conformité du logement aux critères de décence et de santé-sécurité (clos-couvert, aération, réseaux, équipements, absence de nuisibles), de façon à permettre à l’autorité compétente de constater la levée des mesures d’insalubrité ou de danger sanitaire après contrôle sur place .
Ce dossier combine des rapports de conformité des installations, des constats et mesures (aération, humidité), des attestations d’interventions (désinsectisation, réparations structurelles), des preuves financières (factures) et des éléments visuels probants, organisés selon les exigences de décence et les prescriptions notifiées, pour faciliter la vérification et la décision de mainlevée par les services sanitaires ou la collectivité compétente .
Cadre et objectif
La remise en salubrité vise à rétablir un état conforme aux critères légaux d’un logement décent, qui exigent notamment l’absence de risques pour la sécurité et la santé, une aération suffisante, des réseaux sûrs et des équipements fonctionnels, faute de quoi le logement ne peut être loué ni tenu pour conforme .
Un logement faisant l’objet d’un arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l’insalubrité ne peut pas être considéré comme décent tant que les mesures prescrites n’ont pas été réalisées et vérifiées, ce qui rend crucial un dossier de preuves complet et traçable pour obtenir la levée .
Dossier de preuves attendu
- Rapports de conformité des réseaux électricité et gaz (contrôles de sécurité attestant l’absence d’anomalies et le bon fonctionnement), en lien avec l’exigence de réseaux sûrs prévue par les critères de décence .
- Attestation de bon fonctionnement et d’entretien des systèmes de chauffage et de production d’eau chaude, démontrant leur conformité aux normes de sécurité et leur adéquation au logement .
- Justificatifs d’aération suffisante (constats de ventilation naturelle et/ou mécanique, débits de ventilation, rétablissement des ouvrants et grilles) pour prouver le renouvellement d’air et l’évacuation de l’humidité .
- Preuves de clos-couvert et d’étanchéité à l’air et à l’eau (réparations de toiture, menuiseries, traitements d’infiltrations, boisseaux et trappes de cheminées), avec constats datés après travaux .
- Pièces démontrant l’absence de nuisibles et parasites (rapports de dératisation/désinsectisation et de suivi), conformément à l’exigence d’un logement non infesté .
- Justificatifs des équipements sanitaires et de cuisine conformes (alimentation en eau potable avec pression/débit suffisants, évacuation des eaux usées avec siphons, cloisonnement du WC, douche/baignoire), avec photos et procès-verbaux de réception .
- Éléments photos datées avant/après, plans de repérage des interventions et procès-verbaux de réception des travaux, organisés par thème (aération, réseaux, clos-couvert, sanitaires) pour faciliter la lecture par le service de contrôle .
- Factures acquittées, garanties et attestations d’assurance d’entreprises intervenantes, permettant de tracer la réalité et la conformité des travaux réalisés selon les prescriptions .
Sécurité des réseaux et équipements
La conformité des réseaux d’électricité et de gaz est l’un des piliers de la décence et doit être prouvée par des contrôles récents attestant un état d’usage sûr, sans risque manifeste pour la santé et la sécurité physique des occupants .
Les équipements de chauffage et de production d’eau chaude doivent être en bon état d’usage et conformes aux normes, avec pièces techniques et attestations d’entretien/bons de mise en service pour lever les réserves .
Aération et humidité
L’aération suffisante est exigée par les critères de décence et suppose des dispositifs d’ouverture fonctionnels et/ou une ventilation mécanique contrôlée assurant un renouvellement d’air et une évacuation de l’humidité adaptés à une occupation normale .
Des constats de débits de ventilation, la remise en état des bouches, entrées d’air et conduits, ainsi que des mesures ponctuelles (CO₂, débits, hygrométrie) peuvent documenter efficacement le respect de cette exigence .
Clos, couvert et étanchéité
Le logement doit assurer le clos et le couvert, avec un gros œuvre en bon état de solidité, des menuiseries et une couverture protégeant contre les infiltrations, ce qui implique d’apporter des preuves de réparations et de reprises d’étanchéité réalisées .
Les preuves utiles incluent rapports d’intervention, photos des remontées d’eau traitées, réfection des joints, rétablissement d’une étanchéité à l’air des parois donnant sur l’extérieur ou locaux non chauffés .
Eau potable et évacuation
Les installations d’alimentation en eau potable doivent garantir pression et débit suffisants, et les évacuations des eaux usées doivent empêcher refoulements et odeurs, ce qui doit être documenté par procès-verbaux d’épreuve et photos de siphons en place .
La conformité des équipements sanitaires (WC séparé, douche/baignoire, intimité) et de la cuisine/coin cuisine (évier raccordé) doit être prouvée via constats et attestations d’achèvement d’installations .
Nuisibles et parasites
L’absence d’animaux nuisibles et de parasites est une condition de décence, d’où la nécessité de joindre des rapports de dératisation/désinsectisation datés, avec plan d’appâtage, produits utilisés et visites de suivi .
Ces documents sont déterminants lorsque l’arrêté ou les prescriptions signalent une infestation ou un risque sanitaire lié à l’hygiène du logement ou des parties communes .
Performance énergétique et usage
Selon la période de bail et le diagnostic de performance énergétique (DPE), certaines restrictions de location s’appliquent, mais la priorité en remise en salubrité reste l’absence de risques et le rétablissement des critères essentiels de décence .
Des pièces comme un DPE actualisé, des attestations d’isolation ou d’étanchéité à l’air, et des justificatifs d’étanchéité des menuiseries peuvent utilement compléter le dossier, sans se substituer aux corrections sanitaires exigées .
Contrôle et mainlevée
L’autorité sanitaire et/ou la collectivité compétente en habitat indigne procède à la vérification des prescriptions exécutées et peut constater la conformité sur place, ce qui conditionne la mainlevée des mesures d’insalubrité .
Présenter un dossier structuré par exigences (aération, clos-couvert, réseaux, nuisibles, équipements) et calé sur les prescriptions initiales accélère l’instruction et sécurise la levée .
Contexte local à Boulogne-Billancourt
Boulogne-Billancourt est bordée par la Seine et le bois de Boulogne et jouxte le 16e arrondissement de Paris, ce qui induit une forte densité bâtie et des enjeux particuliers d’étanchéité et d’humidité en zones proches du fleuve .
Le territoire a historiquement connu des épisodes de crue et présente des contrastes urbains, rendant d’autant plus importants les constats d’infiltration traitée, d’aération fonctionnelle et de réseaux sécurisés dans les immeubles anciens comme récents .
Villes environnantes mentionnées
Issy-les-Moulineaux, limitrophe au sud-est et située le long de l’axe Paris–Versailles, partage avec Boulogne-Billancourt un tissu urbain dense et des fronts bâtis proches de la Seine, ce qui renforce l’importance de preuves d’étanchéité et de ventilation dans les dossiers de remise en salubrité .
La coordination intercommunale et les flux quotidiens entre Issy-les-Moulineaux et Boulogne-Billancourt expliquent des problématiques techniques proches sur les réseaux, l’hygiène et l’aération, particulièrement dans les immeubles à usage mixte et les copropriétés denses .
Intercommunalité et coordination utile
Boulogne-Billancourt appartient au Grand Paris Seine Ouest avec notamment Issy-les-Moulineaux, Sèvres, Meudon, Vanves et d’autres communes, ce qui favorise des démarches harmonisées d’amélioration de l’habitat et des échanges opérationnels .
Dans ce cadre, aligner le dossier de preuves sur les référentiels de décence et les échanges attendus par les services techniques de l’EPT et les autorités sanitaires renforce l’efficacité de la demande de mainlevée .
Structurer le dossier
- Page de garde rappelant l’adresse, la référence du dossier/arrêté et la liste des prescriptions, suivie d’un sommaire et d’un tableau de correspondance “prescription → pièce de preuve” .
- Chapitres thématiques alignés sur les critères de décence (clos-couvert, aération, réseaux, nuisibles, sanitaires/cuisine), chacun comprenant rapports, photos datées, PV de réception et factures .
- Annexe financière (devis, factures acquittées, garanties) et annexe “opérateurs” listant les entreprises intervenantes et leurs attestations d’assurance, pour tracer l’exécution et la qualité des interventions .
Preuves techniques clés par thème
- Aération: mesures de débits, remise en service des bouches/entrées d’air, preuves d’ouvrants opérationnels, constats après travaux prouvant l’évacuation de l’humidité .
- Clos-couvert: rapports d’étanchéité toiture/façades/menuiseries, reprise des joints et points singuliers, correction des infiltrations et des entrées d’air parasites .
- Réseaux: attestations de conformité/sécurité électricité et gaz, procès-verbaux de tests et réparations ciblées sur les anomalies initiales .
- Nuisibles: certificats et plans d’action de dératisation/désinsectisation avec visites de suivi jusqu’à obtention d’un état stable .
- Sanitaires/cuisine: preuves d’alimentation en eau avec pression/débit adaptés, évacuation avec siphons, séparation WC, présence d’un évier raccordé, et conformité des pièces d’eau .
Rôle des photos et constats
Des séries “avant/après” géolocalisées et datées, prises sous angles constants et accompagnées de légendes, permettent de visualiser immédiatement la correction des désordres ciblés par les prescriptions .
Des constats contradictoires signés lors de la réception des travaux par corps d’état facilitent la lecture et appuient la réalité des remises en conformité par rapport aux risques initiaux .
Articulation avec les prescriptions
Chaque prescription notifiée doit correspondre à une ou plusieurs pièces de preuve explicitement reliées, afin que l’instructeur puisse cocher la satisfaction de l’exigence sans ambiguïté .
Insérer une matrice “Exigence → Preuve(s) jointe(s) → Page” en début de dossier accélère l’examen et évite les retours pour pièces manquantes .
Quand solliciter le contrôle
Une demande de vérification/visite ne doit être formulée qu’après réunion de toutes les pièces du dossier, afin d’éviter une visite infructueuse et des délais supplémentaires .
Prévoir, si besoin, une prélecture par un interlocuteur technique de la collectivité ou de l’ARS peut sécuriser la complétude du dossier avant programmation d’un contrôle sur site .
Points d’attention fréquents
Les entrées d’air condamnées ou les bouches de VMC obstruées sont des causes courantes de rejets: la preuve de leur remise en service et des débits est indispensable .
Les refoulements d’eaux usées et les siphons absents ou défectueux doivent être traités avec preuves de tests fonctionnels et de mise en conformité, faute de quoi la salubrité est réputée insuffisante .
Spécificités d’immeubles denses
Dans des tissus urbains denses comme Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux, la ventilation dépend parfois d’éléments collectifs, ce qui nécessite des preuves de coordination avec le gestionnaire de l’immeuble et des interventions en parties communes si requis .
Documenter cette coordination (courriers, procès-verbaux de syndic, interventions parties communes) peut conditionner la réussite d’une remise en salubrité complète quand la cause du risque est partagée .
Présentation claire et traçable
Une pagination continue, des légendes soignées et une indexation des pièces permettent un examen rapide, élément déterminant pour des services en charge de nombreux dossiers sur le périmètre Grand Paris .
La clarté éditoriale et la correspondance explicite exigences-preuves sont souvent aussi importantes que la technicité des pièces pour obtenir une décision de mainlevée dans des délais raisonnables .
Après la mainlevée
Conserver intégralement le dossier de preuves, ses originaux et les garanties liées aux travaux, pour répondre à toute question ultérieure ou contrôle complémentaire .
En cas de relocation, vérifier que l’ensemble des critères de décence reste respecté dans la durée (ventilation, réseaux, hygiène) pour prévenir toute nouvelle situation d’indignité ou d’insalubrité .
En résumé opérationnel
- Prouver la sécurité des réseaux, l’aération suffisante, le clos-couvert, l’absence de nuisibles et la conformité des équipements par des rapports, constats et photos datées .
- Présenter des factures, garanties et attestations d’entreprises, relier chaque prescription à la ou aux preuves correspondantes et solliciter le contrôle une fois le dossier complet .
- Tenir compte du contexte bâti dense et des interfaces parties communes dans le secteur Boulogne-Billancourt/Issy-les-Moulineaux, en documentant les coordinations nécessaires .
Contexte territorial utile
Boulogne-Billancourt, commune très urbanisée en bord de Seine et aux portes de Paris, conjugue patrimoine ancien et reconversions récentes, d’où une vigilance accrue sur infiltrations, ventilation et réseaux lors des remises en salubrité .
Issy-les-Moulineaux, limitrophe et insérée dans la même dynamique métropolitaine, connaît des situations techniques comparables qui justifient des dossiers de preuves similaires et une coordination intercommunale lorsque les causes dépassent le périmètre privatif .
Derniers conseils pratiques
Adosser systématiquement les photos à des repères datés et des zones bien identifiées sur plan, pour éviter toute contestation sur l’emplacement des corrections .
Joindre, quand cela est utile, une note technique synthétique par thème (réseaux, ventilation, nuisibles) signée par le professionnel intervenant, pour expliciter la solution retenue et son adéquation à la prescription .



